« Haha je vais le faire, et mes parents ne l'apprendront jamais ! De toute façon je ne vois pas comment ils l'apprendraient dans la mesure où ils n'auront pas accès à cette partie de mon corps » tel était ma pensée ce jour là, le 5 juillet 2009. Je tenais dans ma main droite une aiguille et dans l'autre LE piercing... Les risques, oh que oui je les connaissais... Je ne les redoutais pas, non, c'était ce dont je me souciais le moins. Ce qui retenait le plus mon attention, c'était ce bijou et l'endroit où il se trouverait quelques heures après... « Est-ce que je vais bien le mettre ? » ; « Pas trop bas, pas trop haut non plus » ... « humm... dans quel sens ? », «Oui là ce sera très bien ^^ »... Preuve d'immaturité flagrante alors que les risques n'étaient pas minimes : INFECTION, REJET, THETANOS, (« vous auriez très bien pu vous TOUCHER UNE VEINE jeune fille ! » m'a répété à plusieurs reprises Dr K. que j'ai été forcée de consulter)...
Aux alentours de 17heures, j'ai décidé de m'y mettre... Aiguille brulée, désinfectée. Mains désinfectées aussi. Je m'enferme dans les toilettes (encore une preuve de ma grande connerie, la lumière y est très faible), mes parents étant occupés au salon « C'est bon ? Okay c'est parti ».
Je regarde un peu l'endroit... l'aine... PARFAIT. Je pince ma peau et j'y vais ! A première vue, l'aiguille ne veux pas rentrer (petite précision : j'ai pris la plus grosse aiguille de couture que j'ai trouvé), je la sens, à ça oui. J'ai mal. L.M qui était au courant de tout m'envoi un message « Ca va tu t'en sors ? » je veux faire ma fière, ma grande « OUI OUI tout vas bien, enfin l'aiguille ne veut pas sortir...Ca saigne un peu, c'est normal ? Mais bon j'ai pas mal. » J'ai pas mal... La blague ! Prends une aiguille, pinces ta peau et fous la toi à l'aine. Alors ça chatouille ?!! Malgré la douleur je continue « T'arrêtes pas ! Tu n'as pas fait tous ça pour rien ! », Me dis-je. Ca y est au bout d'un quart d'heure environ, l'aiguille se décide enfin à rentrer d'un coté. Plus qu'à la faire sortir de l'autre, à mettre le piercing de l'autre et tout serait fini. Sauf que ce n'était pas si simple. Un quart d'heure après (donc en tout une demi-heure)... ça y était. OUFFF. Piercing et tout et tout ? Non non non, ça ne va pas ?!! J'avais JUSTE passé l'aiguille. Maintenant le bijou... Une autre histoire ! Le plus douloureux je pense. Enlever l'aiguille, essayer de le faire passer, « m***e ça passe pas de l'autre coté » l'enlever, remettre l'aiguille « m***e elle ne rentre plus »... Je les passe 4 heures qui m'ont servis à m'automutiler. J'avais enfin fini. Je ne vous raconte pas la joie. Plus de 4 heures à me dire « ça sert à rien de t'arrêter maintenant tu te serais fait un trou pour rien». J'ai été jusqu'au bout. J'avais mal mais à voir le résultat, j'en oubliais la douleur. Le pire c'était pour m'assoir, assez dur, je vous laisse imaginer.
Le lendemain, je n'avais plus mal (juste lorsque je m'asseyais), c'était un peu rouge mais ça avait pas mal dégonflé. Je suivais les précautions à la lettre (je me surpris d'ailleurs, moi qui jamais n'avais réussi à suivre un traitement en entier ou quoi que ce soit de ce genre, d'habitude tête en l'air ET fainéante). Je me désinfectais l'endroit 3, 4 à 5 fois par jour comme on me l'avais conseillé.
Quatre jours plus tard, le 9, je partais en colonie. N'ayant pas emportée la Bétadine avec moi, pensant que mes parents le remarqueraient. Là bas, on eu le droit à notre speech habituel « l'infirmerie se trouve là-bas si besoin... » Une fois le discours de bien venu achevé, je me rendis voir l'infirmière : « Bonjour, voilà, j'aurais besoin de venir te voir 3 à 4 fois par jour pour désinfecter mon piercing » sauf que, bien évidemment sur les fiches sanitaires à remplir avant de partir il n'était pas précisé « ma fille Julie ,a un piercing merci de bien vouloir la laisser se désinfecter... » j'ai donc été contrainte de tout expliquer à la directrice, Murielle, une femme très gentille et calme (que je connaissais de l'année dernière) et avec qui j'aime beaucoup parler. Elle m'a alors dit qu'elle était obligée de prévenir mes parents et de m'emmener chez le médecin, car s'il m'arrivait quelque chose, il en était de SA responsabilité. Dans un premier temps, j'ai paniqué. Je l'ai supplié. Il fallait voir l'état pitoyable dans lequel je m'étais mise m'imaginant tout de suite devoir partir etc... Sur le coup je lui en ai voulu et je m'en suis voulu ! « Quelle conne ! Pourquoi je l'ai dis »... Mais après réflexion, c'était normal. Elle DEVAIT le faire.
Moi qui avait prévue des retrouvailles avec mes amis ET DOUDOU on va dire que j'ai un peu zappé le truc. J'étais paniquée. Je ne pensais qu'à une chose, une seule. « Que va dire Papa ? » Doudou a su être là... Même si ça ne s'est pas vraiment vu (étant une stressée de nature), et je m'en excuse, il a su m'apaiser, me distraire. Quand on y repense cet événement à légèrement provoqué les choses entre nous. 1er jour... et déjà ensemble. Remercions les idées débiles qui me traversent l'esprit à ne plus en sortir tant que je ne les ai pas réalisées.
J'ai eu mon père au téléphone... il ne m'a rien dit. Il n'a pas élevé la voix. Il y a eu un grand blanc, suivis d'un « Que veux tu que je te dise ? Tu m'as encore déçu, ne t'étonnes donc pas de la confiance que l'ont te porte. Maintenant, ne dis rien à Karine (ma mère, qui était enceinte), on lui dira après le bébé. Amuses toi bien, ne fais pas d'autres bêtises. Appelle nous de temps en temps. » ............ LE SOULAGEMENT. J'aurais limite pleuré. Doudou m'attendait devant la porte... « Alors ...?» « Alors je reste !!! ».
Après ça, je suis allée 2 fois chez le médecin. Deux différents et tous deux plus absorbés par le « comment tu as fait ça toute seule ? Ca fait mal ? » que par leur boulot. La première fois tout allais bien. La seconde moins, j'étais rouge et avais hyper mal la nuit... C'était « irrité, pas infecté. Tu n'auras qu'à mettre cette pommade, prendre cet antibiotique matin et soir et tout sera rentré dans l'ordre. Ah juste une chose, enlèves le durant 2 jours, ne t'inquiètes pas il ne se rebouchera pas le temps que le contour cicatrise ». Je l'ai fait. Pommade, antibiotique, je l'ai enlevé. Mais pour ne plus jamais le remettre. Le délire était passé. Je l'avais fait, j'étais contente. Mais on en restait là. J'aurais tout le temps que je désirais pour le faire plus tard.
Aujourd'hui, j'ai une cicatrice (que je trouve assez belle d'ailleurs xD). Et des souvenirs mémorables de cette expérience. Mais l'affaire n'est pas pour autant classée, pas encore. Cold case vous connaissez ?!! :)
Le jour est venu pour que ma mère soit au courant. « Dis le »me dis mon père ce midi à table. J'ai mis un certain moment avant que le son soit synchro avec l'image. Voix bloquée, gorge nouée, larmes qui montent...mais je l'ai fait. Je lui ai dis. Elle non plus n'as pas MAL réagi dans le sens propre du terme. Elle m'a parlée calmement, posément... avant de fondre en larmes. « Tu as vu l'état dans lequel tu nous mets Julie ? J'ai eu la même réaction » me dis mon père en la prenant dans ses bras.
Je m'en veux. Je m'en veux d'avoir des parents formidables et de les décevoir à chaque occasion qu'il m'est donné. « Et ma punition ? » « Ta punition ? A quoi ça sert ? Tu recommenceras comme tu as toujours fait de toute façon. Ta punition... c'est d'être partie en colo. C'est d'avoir autorisé ton passage en première avec 8 de moyenne générale, ta punition c'est de t'avoir rendu ton portable. Voilà ce que c'est. » Je les ai encore fait souffrir, je les ai encore déçus, j'ai encore perdue le peu de confiance qu'ils m'accordaient. Maintenant il est temps que je grandisse. QUE J'ARETTE DE DECONNER, DE DECEVOIR partout autour de moi. Il y a aujourd'hui 10 jours maintenant, mon petit frère Yaël est né. Il est temps que je devienne la grande s½ur responsable qu'il se doit d'avoir.
Ca y est l'histoire est terminé. Le carton peut être détruit. Le coupable à été trouvé et enfermé. Il faudra probablement un peu de temps pour que ma mère encaisse le coup mais comme toujours, ça finira par s'arranger. Sauf que cette fois, il n'y aura pas de prochaine fois. Je n'ai plus cette ENVIE, ce besoin sadique de faire souffrir mes parents volontairement et gratuitement, de m'opposer à leur autorité. Sacrée Adolescence !
LA CRIMINELLE QUI PARLE : «Mais bon je ne regrette pas pour autant, plutôt good expérience je trouve :) n'empêche que j'ai eu pas mal de chance dans cette histoire tant sur un plan physique que morale... » xD
Je remercie quand même les personnes qui m'ont dit ce qu'il fallait (que je n'ai d'ailleurs pas écoutées) :
« P****n Julie, t'abuses ! Tu te rends compte des risques ? » M.B
« t'es trop conne ! » M.C A.D E. C
« tu as conscience des risques au moins ?!! » L.M
Et même la personne pour laquelle ma vie importe le moins (qui m'avait dit quelques temps avant )
« T'as pas intérêt à le faire !» J.S
Merci à tous cela qui se reconnaitront. Ainsi qu'à Murielle pour son soutien et toutes ces discussions que nous avons eues qui ne peuvent que faire du bien. A doudou (of course)... Mais surtout à mon papa et à ma maman. GENERIQUE DE FIN XD
------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------ merci au commentaire de "tg" oui j'ai que ça a faire, et alors?!! Jt'ai ni demander de lire cet article, ni de venir sur mon blog alors si t'en a rien à foutre de ce que je raconte perd pas ton temps à mettre des com's!!!